Comment devient-on franc-maçon, quels avantages en tire-t-on et peut-on en sortir ?

Pour le commun des mortels, la franc-maçonnerie apparaît, la plupart du temps, comme une sorte de forteresse réservée à une élite ou, si l'on préfère, aux seuls initiés parrainés par un franc-maçon.

C'est à la fois vrai et faux.

Vrai, parce que le parrainage fait partie du rituel d'entrée, mais faux, quand même, parce qu'il n'est pas la condition préalable à une demande d'admission.

Faux, parce que l'entrée en franc-maçonnerie n'est réservée ni à une élite intellectuelle ni à une élite financière ni liée à des conditions de race, de religion ou d'appartenance politique.

Il y a donc deux possibilités d'entrer en maçonnerie.

La première. Vous connaissez un franc-maçon ou quelqu'un de votre entourage en connaît un et vous met en relation avec lui. Vous lui formulez votre demande et, s'il estime que votre désir est sincère, il la transmettra plus loin. Si votre demande est acceptée, un parrain vous sera nommé. Ce parrain sera responsable de votre intégration au sein de la Loge et vous conseillera.

La seconde. Vous ne connaissez pas de franc-maçon, mais vous savez consulter un annuaire téléphonique, un minitel ou surfer sur Internet. Rien de plus simple alors que de trouver l'adresse d'une obédience ou d'une Loge, proche ou éloignée, à laquelle vous demanderez la procédure à suivre. Une réponse vous parviendra et vous serez mis en contact, au moment voulu, avec un franc-maçon qui devra rendre compte de la sincérité ou non de votre démarche.

L'acceptation d'un candidat est en général soumise à plusieurs conditions; en voici quelques-unes :

  • Ne pas être lié par des contraintes morales ou physiques soumises à l'appartenance à une secte ou à une quelconque organisation similaire.
  • Ne pas être sous tutelle.
  • Ne pas avoir été condamné pour des faits criminels avérés.
  • Ne pas être poursuivi pour dettes.
  • Bénéficier d'une situation stable et d'un revenu honnête.
  • Avoir l'accord de votre conjoint.
  • N'être ni raciste ni xénophobe ni méprisant envers les faibles.

Certaines personnes qui frappent à la porte de la franc-maçonnerie s'imaginent (mais heureusement ce n'est qu'une minorité) qu'elles pourront, grâce à leur admission parmi les frères, bénéficier d'avantages substantiels, tant financiers que sociaux ou politiques. C'est là, méconnaître les buts de la franc-maçonnerie et les engagements du franc-maçon au sein de l'Ordre. Toute élévation ou avancement que l'on puisse obtenir en maçonnerie est d'abord d'ordre interne, c'est-à-dire restant confiné à l'organisation interne de la franc-maçonnerie sans aucune répercussion à l'extérieur. Ensuite, ces avancements sont fondés sur le mérite personnel et sur le travail du franc-maçon en Loge ainsi que sur lui-même (mieux se connaître pour s'améliorer soi-même). Ils ne sont, en aucun cas, obtenus pour des raisons de statut social ou de pouvoirs exercés dans la vie profane par le protagoniste. De même, le fait d'avoir été élu Vénérable (président) de votre Loge par vos frères, ne vous fera pas passer dans la vie profane du statut d'employé subalterne à celui de cadre supérieur. Et cela, même si certains, qui ne représentent fort heureusement qu'un infime pourcentage des francs-maçons, tentent de profiter du réseau d'amitié et de fraternité des Loges pour magouiller en profitant de la confiance de leurs frères !

Quant à savoir si l'on peut en sortir, il n'est certes pas plus difficile de quitter la maçonnerie que de démissionner de votre club de pétanque. La seule différence, c'est qu'il faut l'annoncer par écrit.

Mais il existe encore d'autres façons de quitter la franc-maçonnerie. Outre la démission simple et honorable que nous venons de citer, il est loisible de se faire radier, en ne s'acquittant pas de ses cotisations (le montant annuel dépend des Loges ou des obédiences, mais reste raisonnable et à la portée de tout revenu moyen), ou de se faire expulser, en ayant commis une faute grave contre l'Ordre maçonnique ou contre la société civile.

On constate donc que les conditions d'admission en maçonnerie sont assez strictes, dans la mesure où les préceptes de base de l'honnêteté morale et civique doivent être respectés. On constate également, qu'à l'inverse de ce qui se passe pour une secte, il est beaucoup plus facile de sortir de la maçonnerie que d'y entrer.

Extrait du livre de poche qu'il vous est conseillé de lire :
Qui se cache derrière la franc-maçonnerie de Michel Cugnet - Editions de l'Hèbe - Case postale 91 - CH 1772 Grolley -
www.lhebe.ch